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Communiqués de presse

Flags of freedom

16 avril - 9 juin 2021

Mette Winckelmann

Art contemporain

16 avril – 9 juin 2021

Vernissage et ouverture au public dès que la situation sanitaire le permet

Commissaire de l’exposition : Jérôme Sans

Pour sa première exposition personnelle en France, Mette Winckelmann déploie tout son vocabulaire aux influences abstraites et conceptuelles et livre une exposition-manifeste qui s’inscrit dans le débat sur l’équité entre les genres et les processus d’identification face à la fluidité des liens sociaux et intimes de nos sociétés contemporaines.

Flags of Freedom fait ressurgir l’histoire troublée des discriminations en détournant des techniques prétendument jugées féminines telles que la couture, la broderie et le patchwork, pour écrire une contre-histoire paritaire de l'abstraction et revaloriser l’artisanat d’art dans le champ de l’art contemporain. Dans ses peintures, collages de tissus, drapeaux, céramiques, sérigraphies et installations, l’artiste danoise déconstruit et brouille les formats et les catégories strictes de la peinture abstraite grâce à un système graphique - une grille mathématique - à partir de laquelle elle aborde l’espace, l’échelle du corps humain et la physicalité des matériaux pour en repousser les limites, les permuter et les recombiner selon un processus en constante évolution. Ce langage de signes et de couleurs, emprunté à diverses cultures, traditions et mouvements sociaux symbolise notamment des phénomènes liés aux transformations du corps social et aux mutations des identités. La géométrie en est une colonne vertébrale pour l’artiste qui voit dans les mathématiques un reflet de la matrice de la société et de ses lois. Entre les lignes, des zones « grises » se révèlent comme autant d’espaces de négociations. Ainsi, ce vocabulaire aux possibilités infinies acte-t-il une posture engagée, traversée par l’iconographie des mouvements de luttes que partagent tous ceux qui souhaitent réinventer le monde ou s'y positionner.

METTE WINCKELMANN interviewée par Jérôme Sans (2020)

Jérôme Sans : Comment décririez-vous votre travail ?

Mette Winckelmann : Mon travail est souple, flexible et ouvert. Dans ma pratique, je m’efforce sans cesse d’étirer les formats et les catégories. Pour commencer, j’essaie presque toujours de me plonger dans une matière ou un médium particulier afin d’en éprouver les propriétés et tous les possibles. Je tente d’aller au-delà des attentes et des limites liées à cette matière particulière et à ses utilisations traditionnelles afin qu’elle puisse révéler de nouvelles significations.

JS : Vos peintures sont fondées sur des associations systématiques, des formes et des couleurs imitant ou mettant en œuvre des structures et des techniques visuelles issues des traditions artisanales de diverses cultures. Comment vous est venue l’idée d’employer la grille comme système de composition ? Le quadrillage ou la grille sont souvent la métaphore de la structure et des règles de la société, tandis que vous l’utilisez pour les malmener, les remettre en cause, voire les annuler…

MW : En effet, la grille me sert avant tout de point de départ pour me diriger dans le monde. Elle m’aide à déterminer l’échelle d’un espace et ma propre position par rapport aux objets et aux sujets que j’explore. Lorsque j’initie une nouvelle œuvre, il m’importe de savoir où elle commence et où elle s’arrête. Autrement dit, de trouver ses limites. Je débute toujours une œuvre en divisant la surface en moitiés, en tiers et en quarts. Je procède de la même manière lorsque je réalise des fresques murales commandées pour un bâtiment précis, une couverture de livre, une peinture ou un dessin, ou encore des œuvres pour un espace d’exposition. Je me saisis immédiatement de ma règle pour diviser l’espace ; ce n’est qu’après cette étape que j’ai mes repères et que je peux envisager de réfléchir dans l’espace et avec celui-ci. J’adhère à mes propres règles. Selon moi, les systèmes sous-tendent également des questionnements liés au sentiment d’appartenance, au désir de s’insérer dans une structure donnée et de s’y sentir en sécurité, d’avoir sa place dans l’ordre des choses. C’est une question profondément existentielle. En même temps, je reconnais que les règles, les structures et les normes excluent souvent la diversité et découragent les écarts et la transformation. C’est pourquoi il est important pour moi de mettre en mouvement cette grille et d’en repousser sans cesse les limites.

JS : Pour quelles raisons la géométrie et les systèmes mathématiques sont liés dans votre travail au corps humain et à ses mesures ?

MW : La géométrie est ancrée dans le corps humain. Elle renvoie à la symétrie, aux mesures, à l’équilibre, à la taille, à l’échelle. La géométrie et les mathématiques sont liées au besoin de caractériser, de définir et de comprendre le rapport de l’individu face au collectif, ainsi que les distances qui les séparent. La géométrie est une manière de définir la société et ce qui se trouve hors de notre corps. En même temps, elle fait référence à l’intérieur du corps. Toutes les mesures concrètes associées à celui-ci, comme le nombre de doigts de la main ou de dents d’une mâchoire comprennent des irrégularités confirmant qu’il s’agit d’une matière organique et vivante, toujours en évolution.

JS : Plusieurs de vos œuvres sont composées de drapeaux. Que représente pour vous le drapeau en tant qu’objet et symbole ?

MW : Les drapeaux sont souvent constitués de formes de couleur minimalistes clairement définies, ce qui les rend facilement identifiables à distance et par conséquent efficaces comme symboles identitaires. Ils donnent ainsi lieu à des sentiments d’unité et de division. En hissant un drapeau, un groupe de personnes peut déclarer : « Nous sommes reliés ensemble par ce drapeau », et ce faisant, exclure automatiquement toute chose ou toute personne considérée comme différente ou extérieur. Un drapeau est un signe, une affirmation visuelle claire et un puissant outil de communication. En même temps, les règles, les idées et les traditions liées aux drapeaux ne demandent qu’à être remises en question et perturbées par le processus artistique. Pour l’exposition à la Maison du Danemark, je crée des drapeaux de la liberté qui sont tous dans un état de transition et répètent des motifs qui deviendront quelque chose de nouveau.

JS : Quel rôle la couleur joue-t-elle dans votre travail, en particulier le rouge, le blanc et le noir ? Le rouge est souvent un signe d’interdiction. Il rappelle l’histoire des révolutions, par exemple. Est-ce une manière d’aborder l’autre visage de la société et du monde ?

MW : La couleur est un sujet sur lequel je suis intarissable ! Dans la série Come Undone (2016), par exemple, mon point de départ était le rouge, le noir et le blanc comme couleurs pures. La première peinture est exclusivement noire. Dans la suivante, j’ai ajouté du blanc. Dans la troisième, du rouge. À mesure que je continuais cette série, j’ai commencé à mélanger ces trois couleurs. Au fur et à mesure, s’observe le passage de couleurs nettement contrastées vers des couleurs nuancées et qui entrent dans un rapport différent dès lors qu’elles ne sont plus en opposition binaire ou en contraste […] Dans mon travail, je m’efforce toujours d’avoir conscience du fait que recourir aux couleurs revient à travailler sur des références, des associations, des sentiments, des sensations. Je déclenche une certaine atmosphère ou une ambiance, à la manière dont un accord musical peut occuper tout l’espace et éveiller un registre émotionnel chez un auditeur. C’est également ce qui m’a amenée à m’intéresser davantage aux « couleurs intermédiaires ». Contrairement aux couleurs primaires souvent affirmées et déclaratoires, les couleurs intermédiaires sont moins verrouillées et donc susceptibles de faire jouer nos sens de manières nouvelles et inattendues. Elles sont plus propices à la négociation.

JS : Votre œuvre est traversée par le mouvement féministe. Est-ce une manière de contribuer à l’écriture d’une contre-histoire de l’abstraction qui a si souvent dévalorisé ou exclu les artistes femmes et leur travail ?

MW : Adopter une conception plus inclusive et politique de l’abstraction est important à mes yeux. La géométrie et les couleurs ne sont pas simplement formelles. Les couleurs et les formes ne peuvent pas être sublimes ou parfaites dans la neutralité. Elles ne sont pas fixes en termes de significations. Selon moi, cette souplesse est positive. À tout moment de l’histoire, l’abstraction dépend du regard d’un individu et des associations qu’il établit dans son esprit. Chaque forme, chaque couleur a son lot de connotations et de références. C’est l’un des domaines qui m’intéressent et que j’ai explorés intensément : quel rôle la couleur joue-t-elle dans un espace, public ou privé ? Quel type d’impact a-t-elle sur l’individu lorsqu’il pénètre dans cet espace ?

JS : Que pensez-vous de l’interaction entre l’art, la politique et le militantisme ? Même si cela n’apparaît pas au premier regard, votre œuvre est militante.

MW : Oui, le militantisme est un fondement de mon travail. J’aime être en prise avec des sujets importants, même si je ne suis pas certaine de partager le même langage que la majorité des individus. Je m’exprime davantage de manière visuelle que verbale. Mon langage est une forme de militantisme visuel.

***

Mette Winckelmann est diplômée de l’Académie des Arts et du Design de Bratislava, en Slovaquie, (1996-1997) et de l’Académie Royale danoise des Beaux-Arts (1997-2003). Sa pratique artistique se déploie dans des manipulations conceptuelles de matières tactiles dans le cadre desquelles elle fait de l’artisanat traditionnel et de ses gestes des positions esthétiques en mouvement. Son œuvre compte notamment des ornements de lieux publics de grande envergure, des installations éphémères expérimentales, des organisations de l’espace et des objets concrets tels que des impressions sur textile, des peintures sur toile et des céramiques.

En 2019, Winckelmann a reçu une aide de trois ans de Statens Kunstfond (Fondation nationale danoise pour l’art) et elle est représentée notamment au Statens Museum for Kunst, au Danemark, au Malmö Museum of Art, en Suède, ainsi qu’en France, au Frac Auvergne.

Jérôme Sans

Curator, directeur artistique et directeur d’institutions, Jérôme Sans est internationalement reconnu pour son approche pionnière et transversale de l’institution culturelle et de l’exposition. Il est le co-fondateur du Palais de Tokyo à Paris qu’il a dirigé durant les six premières années, avant d’être le directeur de l’Ullens Center for Contemporary Art (UCCA) à Pékin de 2008 à 2012. Parallèlement à ses publications, il a été directeur de création et rédacteur en chef du magazine culturel français L'Officiel Art. Il est le commissaire de nombreuses expositions internationales, depuis la Biennale de Taipei (2000), la Biennale de Lyon (2005), … et récemment des expositions monographiques de Li Qing à la Fondation Prada Rong Zhai à Shanghai (2019), Pascale Marthine Tayou à la Fondation Clément en Martinique (2019), Erwin Wurm au Taipei Fine Arts Museum (2020) .... Il est par ailleurs investi en tant que directeur artistique dans plusieurs importants projets de développement urbain et dans la conception de nouvelles institutions culturelles contemporaines à travers le monde.

EXPOSITION
16 avril – 9 juin 2021
12h-18h tous les jours sauf lundi
Entrée libre

VERNISSAGE
Vernissage et ouverture au public dès que la situation sanitaire le permet

L’exposition a reçu le soutien de Arne V. Schleschs Fond, Danish Arts Foundation, Grosserer L.F. Foghts Fond, Konsul George Jorck og Hustru Emma Jorck’s Fond, Ny Carlsbergfondet ainsi que Overretssagfører L. Zeuthens Mindelegat.

En partenariat avec Munkeruphus et le Danish Art Workshops

Le service de presse de l’Ambassade de Danemark est à votre disposition pour toute demande d’informations complémentaires et de visuels en haute définition, merci de contacter Gitte Delcourt gitdel@um.dk // 01 44 31 21 13 ou Anthony van den Bossche – DUENDE PR // avdb@duendepr.com // 06 19 06 17 62

Le Bicolore

La Maison du Danemark vous invite à découvrir Le Bicolore, sa nouvelle plateforme d’art contemporain sur les Champs-Elysées avec une présence en ligne accrue : podcasts, articles en ligne, rencontres numériques, vidéos et visites virtuelles feront partie des expériences culturelles proposées.

Le Bicolore est un clin d’œil affectueux au Tricolore français. Il reprend à l’unisson les valeurs d’égalité et de diversité, mais il est aussi double, équivoque. Sans cesse à interpréter.

C’est une façon de regarder le monde côté pile et côté face à travers le prisme de la culture danoise. L’actualité, la liberté de pensée et les sujets polémiques seront mis à l’honneur car le Bicolore est curieux, s’interroge, vous interroge et vous invite à un dialogue entre les scènes culturelles danoises et françaises.

Le Bicolore souhaite comprendre, catalyser et refléter les dynamiques créatives du Danemark et du monde que nous construisons aujourd’hui avec un prisme : les sens et l’esthétique sont des vecteurs aussi essentiels que la rencontre et le débat. Notre ambition est de créer des expériences mémorables qui éveilleront la curiosité envers le Danemark.

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In a Slow Manner

2 février – 28 mars 2021

Après un an et demi de travaux, la Maison du Danemark, sur les Champs-Élysées, rouvre ses portes le 3 février 2021 avec une ambitieuse exposition collective mettant l’art textile à l’honneur sous la direction de la commissaire danoise Henriette Noermark et réalisée en partenariat avec le fabricant textile Kvadrat ainsi que Galerie Maria Wettergren, Last Resort Gallery et Nils Stærk L’alchimiste des couleurs Margrethe Odgaard, la peintre Tove Storch et la tapissière Grethe Sørensen comptent parmi les dix artistes qui, avec sensualité, couleurs et plaisir tactile marquent le coup d’envoi de la réouverture de la salle d’exposition de la Maison du Danemark.

L’exposition In a Slow Manner, dont le titre est une ode à l’essai de la tapissière Anni Albers Handweaving Today, de 1941, met en éveil les sens du visiteur de façon expérimentale à travers la découverte d’œuvres textiles dont l’essence même tient à leur texture, à leur matière. Des plasticiens et artistes danois, nouveaux ou reconnus, ainsi que deux Français participent à cette exposition d’art textile qui vise à présenter une fraction des meilleurs représentants de la scène actuelle.

Sculptures en deux et trois dimensions, tapisseries murales, créations son et lumière : les artistes occupent un vaste champ en termes de générations, d’intentions et d’expressions, comme l’installation en fibre optique et fil de papier d’Astrid Krogh, les grandes œuvres en velours de Vibeke Rohland dans lesquelles la couleur s’exprime en quadrilatères, ou les délicates installations en soie de Tove Storch, qui traduisent physiquement des réflexions complexes sur la forme, le temps et l’espace.

L’artiste française Valérie Collart (qui vit au Danemark) nous invite à une rencontre des matériaux ; ses photographies et sculptures sensuelles de porcelaine confèrent au textile une gracieuse vulnérabilité.

Le Parisien Justin Morin présente How To Drape The Surface of Saturn, une œuvre emblématique de son travail sur la sculpture drapée à partir de panneaux de soie imprimés.

Diplômée depuis peu, Sofie Genz n’en est pas moins déjà rétive à tout compromis quant à la qualité des textiles qu’elle tisse et à sa palette de couleurs, laquelle exploite les potentiels des teintes des champs intermédiaires. Anne Fabricius Møller et Ditte Hammerstrøm présentent des œuvres où l’essentiel réside dans le pliage et les nuances de couleurs, allant de rouleaux de tissu en cadres de plexiglas à une méridienne habillée de velours gris chatoyant.

Dans ses toiles systématiques, théoriques et poétiques, l’artiste Josef Albers, du Bauhaus, travaillait sur trois types de couleur inspirés des cheveux : le roux, le blond et le brun. C’est groupe de teintes que la créatrice Margrethe Odgaard utilise poétiquement. Elle compare les couleurs à la crête des vagues comme Albers les comparait à des brins de paille : « Il y a autant de couleurs que de crêtes de vague ». Dans le cadre de l’exposition In A Slow Manner, elle présente notamment son œuvre With Some Defined Measure, qui transforme les teintes souvent liées à des émotions en un langage rationnel catégorisable et se demande s’il ne serait pas temps de prendre les couleurs encore plus au sérieux.

Cette exposition unique marque également la réouverture de l’espace culturel de la Maison du Danemark. La prestigieuse agence d’architecture danoise COBE a redessiné l’espace, tandis qu’une nouvelle identité visuelle a été créée avec l’agence Urgent Agency. Une renaissance dévoilée aux premiers visiteurs en février 2021.

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